Femmes de droits / Droits des femmes

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Texte de Gabrielle Partenza

juin 6, 2005 · Commentaires Fermés

Texte de Gabrielle Partenza, lu aux obsèques de Gridélidis Réal le 6 juin 2005 à Genève

 

Nous venons te saluer une dernière fois en ce monde.

 

Nous voilà, gauches, désarmées, un peu orphelines.

 

Nous resterons cependant debout, la tête haute.

 

Tu as pris ton dernier envol, mais tu es là, comme toujours, avec nous.

 

Tu as imprimé au fond de nos pupilles la chaleur de ton lumineux regard, pénétrant, magique !

 

Alors, pour un moment, que cesse la musique pour n’entendre que le silence mélodieux où seule ta voix résonne.

 

Je tiendrai la promesse que je t’ai faite, et notre lutte continuera, avec toi à mes côtés.

 

Toutes prostituées, connues, inconnues, te saluent, toi, la grande qui a bien trop souffert et qui pourtant, jusqu’au dernier souffle, s’est battue pour la victoire.

 

Alors nous vaincrons pour que ta souffrance n’ait pas été vaine. Ton combat se poursuit.

 

Nous serons dignes de toi, pour toi.

 

J’espère que les copines et autres étaient présentes en haie d’honneur pour t’accueillir. Sinon j’arrive vite fait pour les punir !

 

Nous t’aimons, t’aimerons à jamais. Tu restes au fond de nos cœurs, toi, la plus merveilleuse de nos sœurs.

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Hommage de Sonia Verstappen, prostituée, Belgique à Grisélidis.

juin 1, 2005 · Commentaires Fermés

Hommage de Sonia Verstappen, prostituée, Belgique à Grisélidis.

 

A tous mes amis, connaissances, et au monde entier,

 

Grisélidis Réal nous a quittés cette nuit. Je lui souhaite un Paradis des Putains plein de vin, de musique tzigane, de rires, et d’hommes beaux comme l’ébène qui la ferons jouir pour l’éternité.

 

C’était mon amie, ma tendre amie.

 

Elle m’a appris que les vraies putes ne sont pas ceux ou celles que l’on nomme ainsi. Elle m’a appris à pouvoir les regarder droit dans les yeux, ces intolérants, ces coincés du cul et du cœur, et leur dire : vous n’êtes rien, et nous les putes sommes TOUT car le vrai pouvoir sur les âmes c’est nous qui l’avons. Notre compassion pour l’humanité est immense. Chez vous ce ne sont que des mots vains et qui puent car ils ne sont que l’illustration de votre frustration devant notre savoir et notre beauté.

 

Oui Grisélidis, tu as raison lorsque tu dis que la Prostitution est un Art, un Humanisme et une Science.

 

Elle m’a écrit un jour comme dédicace : « Enfin nous nous sommes rencontrées, retrouvées, comprises… nous les révolutionnaires, les Fatales, les Maudites, les tellement désirées de ceux qui n’ont que nous pour accéder au Nirvana que la morale leur interdit, nous les Indispensables, les Géniales, les Putes, les seules honnêtes, les Prostituées ».

 

Comment ne pas maintenant lui rendre hommage en continuant cette lutte qui lui a coûté la vie.

 

Oui Grisélidis, je continuerai et si par moment je douterai, j’aurai peur, je relirai la préface de ton dernier livre où tu disais « nous sommes et resterons libres. Libres de nos corps, libre de notre esprit, libre de notre argent gangé à la sueur de nos culs et de nos cerneaux. Libres comme des oiseaux migrateurs habillés de couleurs somptueuses, survolant de très loin la misérable boue où l’on voulait nous enterrer.

 

Je t’aime Grisélidis et reposes toi enfin car ne t’en fais pas, tu nous a toutes préparées à prendre la relève du combat.

 

 

 

Sonia Verstappen, prostituée, Belgique.

 

1er juin 2005.

 

 

 

 

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Aspasie et ses amies rendent hommage avec émotion à Grisélidis Réal

mai 31, 2005 · Commentaires Fermés

Aspasie et ses amies rendent hommage avec émotion à Grisélidis Réal

 

 

 

Inlassable, elle s’est engagée pour l’honneur de la prostitution, pour les droits et le respect des travailleuses et travailleurs du sexe

 

Battante et combattante, Grisélidis l’a toujours été. Elle a 45 ans quand sa propre histoire de vie rejoint la grande histoire de la lutte des prostituées. Elle saute dans un train pour prendre part au mouvement d’occupation des églises qui à Lyon et à Paris lance une campagne pour la reconnaissance des droits fondamentaux des prostituées, bafoués par l’Etat, la police et l’hypocrisie des bien-pensants. Voilà un discours nouveau et une parole qui se libère. Elle écoute bouche bée (c’est elle qui le dit!) les leaders de l’époque avant de prendre la parole, et de devenir elle-même la brillante conférencière capable de s’adresser à toutes sortes de publics de Genève et d’ailleurs en Europe. Elle plaide la cause des prostituées avec charme, humour, parsemant ses envolées lyriques d’anecdotes irrésistibles qui mêlent le plus crû au plus subtil dans un mélange qui n’appartient qu’à elle.

 

Avec la publication du livre “Le noir est une couleur” en 1974, elle témoigne de son parcours de vie et trouve son style d’écriture, qui est aussi un style de vie.

 

Elle est de tous les combats d’ASPASIE, l’association de défense des droits des prostituées qui se crée en 1981 à Genève avec un groupe de ses consoeurs et d’amies de tous horizons.

 

Son rayonnement culturel – ses textes sont souvent repris au théâtre et dans les médias – fait d’elle une étoile du mouvement des prostituées, et de manière plus générale, d’une vision émancipatrice et libératrice de la nature humaine.

 

Grisélidis, tu t’es préparée à ta mort et tu as recherché la sagesse à travers les mots. Merci de nous avoir encore donné tes magnifiques poèmes d’adieu à la vie.

 

Ton image et ton oeuvre nous font vibrer pour plus de justice et moins d’hypocrisie. Grisélidis, l’hommage que nous te rendons aujourd’hui n’est pas le dernier.

 

Les amies et l’association ASPASIE

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