2003 : Appel à manifester pour les droits de toutes les personnes prostituées et contre le projet de loi Sarkozy

Le 5 novembre 2003, 17 h devant le Sénat, square Francis-Poulenc, métro Odéon

Après la répression policière tous azimuts dont font l’objet les prostitué-e-s depuis le nouveau gouvernement, la nouvelle Loi pour la sécurité intérieure prévoit notamment :

• La restauration du racolage passif qui sera puni de 6 mois de prison ferme et de fortes amendes,

Conséquences : Les prostitué-e-s deviennent des hors la loi, emprisonnables à merci. Assimilé-e-s à des délinquantes, menacé-e-s, renvoyé-e-s à la clandestinité, elles/ils seront exposé-e-s à la violence en permanence. De plus, la notion de racolage sera laissée à l’appréciation des policiers…

• L’expulsion des étrangères, qu’elles aient un titre de séjour ou non, lorsqu’elles seront verbalisées pour racolage,

Conséquences : Victimes de la double peine, leur expulsion sera suivie d’une séparation de leur famille et de leurs proches, et pour certain-e-s, à leur retour au pays, de représailles pouvant aller jusqu’à l’assassinat.

La répression des clients de prostitué-e-s « vulnérables », la dénonciation de proxénètes contre des autorisations très provisoires de séjour sans protection individuelle ni familiale des personnes.

Conséquences : Soit disant tournée contre le client et le proxénète, la loi ne fait que montrer du doigt les prostitué-e-s, étranger-e-s ou non, et ne les aide en rien. Elle tend simplement à les rendre invisibles des espaces publics et des institutions : quel-le prostitué-e va demander de l’aide à une police qui peut l’emprisonner, l’expulser à son bon vouloir?

Si le client est pénalisable, les prostitué-e-s vont exercer leur activité dans des endroits plus reculés, sans public, sans protection policière accessible…

Contrairement à ce qu’il revendique, ce projet de loi ne lutte en rien contre l’insécurité, le proxénétisme, ni le trafic. Il ne fait que renforcer toutes les violences auxquelles sont confronté-e-s chaque jour les prostitué-e-s – de la violence de la rue au harcèlement policier – et les installe dans une clandestinité dangereuse pour leur santé et leur vie même.

A cela, nous répondons républiquement NON !

Nous, prostitué-e-s, demandons au contraire une démarche politique responsable : un accès aux droits communs, droits qui seuls nous protégeront, mais aussi d’être considéré-e-s comme des interlocuteurs/trices dignes d’être des citoyen-nes à part entière.

A l’appel du Collectif des prostitué-e-s de Paris,

Avec le soutien de : PASTT, Verts Paris, Act-Up Paris, Cabiria (Lyon), la CNT RP, ARAP RUBIS (Nîmes), GISTI. (premiers soutiens)

Les signataires : ODU (observatoire du droit des usagers)

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